Edito #17 – La Palestine compte sur nous, montrons-lui qu’elle compte pour nous

Depuis deux semaines environ, des évènements douloureux se déroulent en Palestine ou plutôt s’ajoutent à cette longue tragédie coloniale. D’une part, les Palestiniens subissent les attaques répétées des colons en armes dans le quartier de Cheikh Jarrah, à Jérusalem-est, d’autre part, depuis quelques jours aux alentours de l’esplanade des mosquées, ces mêmes Palestiniens subissent les exactions de la soldatesque israélienne qui tente de limiter leur accès aux lieux saints à l’occasion des derniers jours du Ramadan. Tout d’abord, dans le quartier de Cheikh Jarrah en périphérie de Jérusalem où quatre familles palestiniennes sont menacées purement et simplement d’expulsion de leurs maisons dans lesquelles elles vivent depuis 1956. En fait, à l’origine, vingt-huit puis par la suite soixante-dix familles de réfugiés palestiniens chassés de leurs terres lors de la Nakba de 1948 avaient trouvé refuge dans ce quartier à partir de 1956, du temps où la Jordanie administrait ce territoire. De plus, les terrains sur lesquels elles ont bâti leurs maisons leur avaient été octroyés par le gouvernement jordanien avec l’aide de l’UNRWWA. Après que les Israéliens ont envahi Jérusalem-est (la vieille ville arabe) à l’occasion de la guerre de juin 67, des colons ont miraculeusement trouvé des titres de propriété attestant que ces terrains leur appartenaient. L’affaire en était restée là jusqu’à ces derniers jours, fin d’un très long marathon judiciaire. En effet, demain la cour suprême de justice israélienne devait rendre son verdict définitif concernant ces quatre familles en litige depuis les années 70. On retient son souffle.

La situation est d’autant plus tendue qu’à Jérusalem-centre les pressions israéliennes sur les lieux saints, les provocations et les agressions des colons sont constantes. L’armée et la police entendent y régir le moindre mouvement de Palestiniens pour bien souligner qu’ils sont les maîtres des lieux. C’est ce qui s’est encore passé à l’occasion du dernier vendredi de Ramadan et de la nuit du Destin. Près de 90 000 fidèles musulmans palestiniens entendaient se rendre à la mosquée d’Al Aqsa pour y prier. Les tirs de la police coloniale ont fait près de 187 blessés parmi les Palestiniens dont des dizaines ont été hospitalisés. La situation y est explosive car depuis de nombreuses années des fanatiques sionistes expriment régulièrement leur intention de détruire la mosquée d’Al Aqsa pour y rebâtir, disent-ils, le temple de Salomon. Comme pour les encourager, le gouvernement israélien sous prétexte de fouilles archéologiques transforme peu à peu en morceau de gruyère le sous-sol de l’esplanade des mosquées menaçant la stabilité de celle-ci qui risque l’effondrement.

C’est pourquoi aux dernières nouvelles, Netanyahou a demandé le report de la décision judiciaire concernant les familles de Cheikh Jarrah. A cela trois bonnes raisons. D’une part du côté des Etats-Unis, il semble que Joe Biden (et la député Alexandria Ocasio-Cortez) ait commencé à réagir de façon défavorable à Israël en prenant position pour les familles palestiniennes, reconnaissant dans un tweet qu’elles avaient le droit de continuer à vivre dans ce quartier. Ensuite Rupert Colville, porte-parole du Haut-Commissariat de l’ONU aux droits de l’homme, lors d’un point de presse régulier à Genève a publiquement rappelé à Israël que la possible expulsion des familles palestiniennes dans un territoire occupé comme Jérusalem-est constitue un crime de guerre selon la définition de l’ONU. Enfin, la situation en Cisjordanie sur fond de grave crise politique (depuis l’annulation des élections par Mahmoud Abbas) est elle aussi en train de s’aggraver avec trois nouveaux décès de Palestiniens tués par l’armée ces derniers jours. Trois bonnes raisons qui font craindre à Netanyahou une relance de l’intifada d’Al Qods.

Le plus scandaleux dans tout cela demeure l’attitude des régimes arabes et de l’Union Européenne. Chez les premiers, mis à part la Jordanie qui a réagi car officiellement en charge de la protection des lieux saints musulmans, le silence des capitales arabes est absolumentassourdissant. Un évènement sur la planète Mars aurait chez eux plus d’importance. Ainsi aucune réunion de la ligue arabe n’est prévue. De même la demande palestinienne de réunion du conseil de sécurité qui pour l’instant n’a reçu aucune réponse favorable n’est même pas appuyée par la Ligue arabe. Quant à l’Europe, on peut lui décerner le pompon du cynisme puisque si celle-ci s’est bien fendue d’un communiqué, celui-ci est absolument ahurissant puisqu’il y est demandé « aux deux parties » de tout mettre en œuvre pour calmer la situation. Ramenant encore une fois dos à dos l’agresseur israélien et l’agressé palestinien. A Gaza, les organisations de résistance Hamas et Jihad islamique déclarent se tenir prêtes aux côtés de la résistance populaire palestinienne et annoncent qu’elles ne resteront pas paralysées devant les agressions répétées contre Al Qods. A ce tableau, doit être ajouté une ultime provocation, d’un cynisme magistral. Aujourd’hui, lundi 10 mai est pour Israël le jour de Jérusalem c’est-à-dire le jour de fête commémorant l’attaque et la prise de la ville sainte par l’armée israélienne que la colonie sioniste appelle « Réunification de Jérusalem ». Il faut savoir que cette invasion de Jérusalem en 1967 s’était accompagnée de milliers d’expulsions d’habitants après la destruction de leur quartier, notamment celui des Maghrébins. En tout état de cause, le peuple Palestiniens n’a que faire des états d’âme des régimes traîtres ou stipendiés qui lui conseillent la résignation. Des rivages de l’Atlantique à ceux du Golfe, il compte aussi sur la solidarité internationale. A l’occasion de la date anniversaire de la Nakba, retrouvons-nous nombreux à Barbès, samedi 15 mai à 15h pour exprimer notre fraternité et notre soutien sans faille au peuple palestinien en lutte. Palestine vivra, Palestine vaincra !

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