UNIVERSITE D’ETE POLITIQUE : Préparer la victoire, organiser le pessimisme

Les organisations et collectifs suivants : Faire bloc/faire peuple, UJFP, Tsedek, QG décolonial, Appel contre la guerre permanente et pour une paix révolutionnaire vous invitent à l’Université d’Eté Politique « Préparer la victoire, organiser le pessimisme », les 3, 4 et 5 juillet 2026, Gennevilliers ! Les inscriptions sont ouvertes.

 

Quelque chose va se passer en 2027. Alors que nous sommes aux bords d’une troisième guerre mondiale ou d’une déflagration économique planétaire, la présidentielle de 2027 sera cruciale : l’extrême-droite n’a jamais été aussi proche du pouvoir, la gauche de rupture a des chances sérieuses de parvenir au second tour, le macronisme, hélas, n’est pas mort. C’est l’élection de tous les dangers. Mais c’est aussi une opportunité historique qui oblige notre camp.

Malgré les campagnes acharnées en antisémitisme depuis le 7 octobre, les récupérations politiciennes de la mort de Quentin Deranque, et la coalition de l’ensemble des forces de l’extrême-droite jusqu’à la « gauche réformiste » contre la France Insoumise, le bloc social que celle-ci représente tient bon, et s’ancre encore davantage avec les municipales. Si l’on en croit les réactions face aux quelques succès électoraux des insoumis, nous savons que la campagne qui s’annonce sera d’une extrême violence. N’en doutons pas, ces forces préféreront Hitler au Front populaire. Elles le préféreront d’autant plus que la France est un Etat trop central pour être abandonné à une alternative sociale, capable de mettre fin au dogme thatchérien : « Il n’y a pas d’alternative ».

Elles le préféreront, en définitive, parce que la France persiste à être la pointe avancée de la lutte des classes dans le Nord. Dès 2005, avec le non au Traité constitutionnel européen, les émeutes des quartiers contre les crimes policiers racistes, le mouvement massif de la jeunesse contre le Contrat première embauche – un fil s’ouvre qui se prolonge dans l’insurrection en Kanaky et les mobilisations dans les « outre-mer, les mouvements contre les réformes des retraites et la loi travail, contre les violences policières de Lamine Dieng à Nahel Merzouk, contre l’islamophobie, à Notre-Dame-des-Landes puis à Sainte-Soline, dans les ronds-points et jusqu’aux abords de l’Elysée où grondent les Gilets jaunes.

Rompant en partie avec le consensus – néolibéral, islamophobe, sécuritaire et impérialiste – qui cimente le reste du spectre politique, la France Insoumise apparaît comme fille de cette séquence et élève de ces luttes. Si la catastrophe forme le cours normal des choses, nous nous prenons malgré tout à rêver.

Que les choses soient claires : la France Insoumise n’est pas une formation révolutionnaire. Mais, analyse concrète de la situation concrète oblige, force est de constater qu’il n’existe pas de mouvement révolutionnaire de masse, que les classes dirigeantes et médiatiques désignent la France Insoumise comme l’ennemi principal et qu’il n’existe aucune autre gauche de rupture aussi puissante en Occident. Le devoir des révolutionnaires est double : d’un côté, faire front avec cette conquête de nos luttes, de l’autre, approfondir la lutte des classes.

Ce devoir vaut pour toutes les scénarios : prise du pouvoir par les fascistes, maintien du macronisme autoritaire ou victoire de la FI. L’outil institutionnel ne peut prétendre nous défendre pleinement des accélérations en cours, ni garantir la réalisation des promesses qu’il porte avec lui. La victoire se prépare autant que le pessimisme s’organise. Et s’il faut rêver, il nous reste à dessiner plus finement les cartographies de ces rêves. La bataille électorale sera rude. Elle n’aurait pas sens si elle ne s’accompagnait pas d’un mouvement plus profond, dans la rue et le monde du travail, dans les campagnes et les cités d’immigration, dont la stratégie reste à construire collectivement.

Convaincus de cette nécessité, nous proposons de nous retrouver nombreux lors d’un grand forum les 3, 4 et 5 juillet pour réfléchir et imaginer ensemble les conditions du renforcement de notre puissance collective quelle que soit la configuration qui se dessinera au soir du second tour.

Si c’est la reconduction du bloc bourgeois actuel, ou, pire encore, l’arrivée de l’extrême droite au pouvoir, il faut réfléchir et préparer en amont les formes d’organisation, de solidarité et d’ancrage social qui permettront de tenir bon et de poursuivre l’action collective qui ouvrira la voie à la contre-offensive. En d’autres termes, il s’agira ici de politiser le pessimisme car la défaite n’est pas la fin de l’organisation, elle en redouble la nécessité.

Mais il faut avant tout réfléchir aux stratégies qui permettront d’éviter une telle issue. Non pas sur un mode défensif, la solution « médiane » qui répéterait les désastres des gouvernements de gauche du passé, mais en prenant appui sur toutes les expériences de lutte de ces dernières années et sur les possibles ouverts par l’émergence d’une gauche de rupture à une échelle de masse.

Les questions qui se posent sont alors celles des alliances autour desquelles peut se former un « bloc populaire majoritaire » », les modes d’organisation de ces alliances, autant en termes programmatiques et discursifs qu’en matière d’organisation au sens strict. Dans cette perspective, comment construire un peuple capable de surmonter la fracture raciale des classes populaires ?

Ces questions continueront à se poser, sous une forme différente, en cas de victoire de LFI, qui marquera le début d’une guerre de positions au sein des institutions, dans la société et au niveau international. Préparer la victoire, c’est anticiper le conflit avec l’État capitaliste et racial et avec l’ensemble des institutions internationales au sein desquelles il prend place : l’Union européenne et sa puissante Banque centrale, l’OTAN, voire directement avec l’impérialisme étatsunien, plus déterminé que jamais à écraser tout ce qui lui résiste.

Nul doute que les forces engagées dans cette confrontation devront faire face à la sédition de la police, de la haute administration et au sabotage du pouvoir économique. Comment, depuis l’extérieur autant qu’au niveau institutionnel, contraindre un gouvernement de ne pas dévier de la voie de la rupture et empêcher qu’il soit réabsorbé par l’État ? Comment concevoir les rapports entre la pluralité des fronts de lutte et des mouvements d’en bas et la nécessité d’une direction politique de ce processus ? Bref, comment faire d’une victoire aux urnes plus qu’un simple succès électoral : non pas un mythique « grand soir » mais le début d’une séquence offensive, qui permettra de faire basculer dans la durée les rapports de force et mettre un terme à la longue nuit néolibérale.

Précisons les choses : une victoire électorale de la FI ne constituerait qu’une victoire d’étape, mais elle représenterait une rupture suffisamment puissante pour ouvrir la voie à des possibles révolutionnaires. C’est cela que nous appelons préparer la victoire.

Lucides sur ce que serait une victoire ou une défaite dans un contexte d’asymétrie des rapports de force tant à l’échelle nationale qu’à l’échelle internationale, nous proposons d’affronter ensemble toutes les hypothèses, des plus réjouissantes au plus sombres, pour être les mieux armés, sans jamais abandonner ni nos espoirs ni notre détermination à vaincre dans la durée.

Que faire donc ? Comment être à la hauteur de l’Histoire et accomplir notre mission quel que soit le nom de celui qui résidera à l’Elysée ? Posons-nous ces questions ensemble les 3, 4 et 5 juillet à la salle des fêtes de Gennevilliers. Venez nombreux,  inscrivez-vous et inscrivez vos amis!

 

Faire bloc/faire peuple, Tsedek, UJFP, QG Décolonial, Contre la guerre permanente et pour une paix révolutionnaire.

 

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